Ouvert à l'expérimentation théâtrale lors de la dernière édition, le Jardin du Cèdre est le laboratoire éphémère d'idées spectaculaires. La Compagnie l'Alakran y projette les siennes avec une énergie décapante.
Cette année, l'hôte du Jardin du Cèdre s'appelle Oskar Gómez Mata. Connu en Suisse romande et à l'étranger pour ses spectacles délirants et poétiques, le metteur en scène d'origine basque aime construire la représentation avec le public. Un jeu de va et vient ludique et coloré qui incite à la réflexion et permet à chacun de s'interroger sur son image et sa place dans le monde.
Passé maître dans l'art du décalage, le fondateur de la compagnie l'Alakran s'empare de l'espace intimiste du jardin et convie le public à une liturgie de la vibration. Une Animist garden-party propice à faire émerger l'âme que cela soit celle des artistes, celle des spectateurs ou celle du lieu.
« L'âme est une énergie, une vibration. Et l'ultime vibration, c'est l'amour. L'amour, c'est le champ d'expansion de l'âme », déclare Oskar Gómez Mata qui compte bien insuffler vitalité et inspiration aux imaginaires.
Entouré de ses invités: la compagnie de danse Societat Doctor Alonso, le performer Nilo Gallego, le musicien Andrea Valvini et le Teatro Due Punti, le metteur en scène se propose d'intervenir plusieurs fois dans la soirée à coup de petits spectacles en forme de rituels décalés.
« L'idée, c'est de parvenir à déplacer les regards et à se découvrir différents », insiste Oskar Gómez Mata. L'homme milite pour un mode de représentation de la réalité qui correspond avec la pensée contemporaine de concevoir des relations étroites entre l'observateur et l'objet artistique : l'œuvre d'art n'est pas finie tant qu'elle ne se construit pas chez le spectateur ! Le public de l'Alakran découvre ainsi quelque chose de différent, quelque chose de joyeux et de tragique qui évolue entre poésie, philosophie et politique.
















