Attrape-moi si tu peux !
Tous les soirs, la Compagnie de danse Philippe Saire se produit au Jardin des Colombes. L’occasion pour moi, vierge de tout spectacle de danse contemporaine, de soulager ma curiosité.
C’est sans indice ni repère (hormis le titre du spectacle « Cartographie ») que je me suis rendu, un peu à reculons, avouons-le, mais sans a priori, à la découverte de ce monde aussi éloigné de mon univers qu’une nonne dans un concert de métal.
C’est donc à l’arrière du bâtiment du gymnase de la Cité, là où s’étend un long couloir de gazon et avec une vue imprenable sur le Léman que se déroule cette « Cartographie » dixième du nom. Cette série de représentation relève d’un concept qui consiste à sortir la danse « hors les mûrs » pour la confronter aux passants.
Nous suivons donc les aventures de trois personnages (deux hommes et une femme) qui, selon ma modeste interprétation, se trouvent former un couple légitime et une relation illégitime. Les deux hommes se battant pour la jeune fille. Nous assistons à une course poursuite entre les danseurs qui, en parfaite maîtrise de leur corps, se battent et se débattent dans des mêlées déconcertantes mais très esthétiques.
L’originalité du concept vient précisément du jeu avec ce lieu inédit. Les danseurs sortent par une fenêtre, rentrent par une autre, grimpent au mûr, roulent sur la pelouse, le tout devant une centaine de spectateurs soit conquis soit médusés. Les jeux de lumières ainsi que la musique qui déborde des scènes du festival crée une ambiance tout à fait inédite, un peu comme lorsque on entend sonner son réveil pendant que l’on est en plein rêve.
Allez donc vivre cette expérience, vous n’en aurez pas souvent l’occasion. Encore ce soir et demain à 22H et 23H au Jardin des Colombes.
Et pour s’imprégner de l’ambiance, voici quelques images des répétitions, véritables moments de création du spectacle.
Photos: Dom Smaz
Ca se passe aussi dans la rue!
A la Cité, les artistes ne se découvrent pas que sur scène. En gambadant, les festivaliers peuvent à tout moment se trouver nez-à-nez avec un ange, une équipe de guides déjantés, des chiens humains et j’en passe! Gardez l’oeil ouvert!
Photos: Michael Chronakis
More more more!
Le Congo était à l’honneur sur la scène du Château hier soir. Comme par miracle, la pluie disparut quelques minutes avant le début du spectacle, la magie du festival de la Cité fait effet! Les artistes africains de « more more more… future » allaient-ils réussir à faire venir le soleil?
Malheureusement non, le soleil resta caché derrière les nuages, mais il rayonnait dans le cœur des artistes présents sur scène! Avec leur musique endiablée, le groupe a réussi à réchauffer les festivaliers présents, nombreux, malgré l’incertitude du temps.
Des costumes que je qualifierai de « scaphandriers » pour les danseurs (décidément le scaphandre est à la mode !), et un costard jaune pétant style Travolta pour le chanteur : le décor est planté. Maestro ? Musique SVP! Rythmé, envoûtant, des paroles en français, anglais ou en dialecte congolais. Paroles parlant la plupart du temps de rêves inaccessibles ou anarchiques, comme le texte de la chanson « faire le trouble-fête? J’aime ». Un spectateur attentif ira même jusqu’à parler de « tentative de lavage de cerveau »!
Les danseurs, eux, font le spectacle avec leurs costumes dignes d’un film de Hitchcock ! Du Break dance aux danses traditionnelles, ils virevoltent, sautent dans tous les sens, enlèvent leurs habits, se rhabillent et tout cela dans un rythme parfait. Le public, malgré un temps récalcitrant, s’enthousiasme devant tant d’habileté et de motivation sur scène. Dommage qu’il n’y ait eu que deux représentations ! More more more !
Photos: Michael Chronakis



