Le 17:30 – Mercredi 11 juillet
Le 17 :30, c’est le nouveau rendez-vous du festival, un moment convivial et inédit qui permet aux artistes, programmateur et public de se rencontrer pour échanger, débattre et comprendre le pourquoi du comment d’une création présentée à la Cité.
Hétérochronie n’a pas pu vous échapper : une installation tout en échafaudages, harmonieusement intégrée à l’espace de la Cour et qui propose un parcours truffé de drôles de capteur, sondes et écrans. Un projet de fabric¦ch fait de rêves et de technologie.
Michael Kinzer, directeur de la Cité et programmateur d’Hétérochronie, rappelle d’abord l’ambition du festival, cette volonté de métisser les démarches artistiques par le mixage de performances, concerts, arts vivants, afin de proposer une expérience globale où créateurs et visiteurs interagissent. Une sorte de rêve d’art total où le patrimoine architectural inhérent à la Cité est mis à contribution pour des projets scientifiques, plastiques et architecturaux. Cette année, c’est le collectif fabric¦ch qui a été choisi pour occuper l’espace homogène de La Cour et ce, sur la base de deux critères : premièrement, son intégration dans le paysage urbain, qui rappelle la ligne globale du festival de la Cité ; deuxièmement, la démarche à la fois scientifique et fictionnelle du projet qui permet aussi et surtout à chacun de s’en approprier le sens grâce à l’expérience physique qu’il propose.
Architecture et interaction sont les domaines de prédilection de Patrick Keller, membre de fabric¦ch et coordinateur du projet. Patrick nous explique que le projet s’inspire de la nouvelle de l’auteur argentin Casares, « L’invention de Morel » (1940), qui raconte l’histoire d’un fugitif échoué sur une île qu’il croit déserte mais qui s’avère habitée, du moins en apparence. Des habitants avec qui il ne parvient pas à entrer en contact, et pour cause, ils ne sont que des projections en 3D d’un présent enregistré par la fameuse invention et qui tourne en boucle suite à un bug. Entre imagination et raison, c’est le fantasme de l’intemporel, de la maîtrise du présent, de sa captation en vue de le rendre indéfini et éternel. Comme l’invention de Morel, Hétérochronie enregistre les données durant les six jours du festival : décibels, température, composition de l’air, luminosité, humidité, aux quatre coins de la passerelle. Des données qui peuvent potentiellement permettre de recréer, dans 50, 100 ou 500 ans, cette 41ème édition du Festival de la Cité. Deux présents qui se superposent, celui des festivaliers dans l’espace délimité du jardin et celui de la passerelle qui permet d’observer et d’enregistrer ce présent, qui est peut-être déjà un passé rejoué, tel que tend à le suggérer le style « archéologique » des panneaux informatifs.
Au tour de Maude, fidèle visiteuse depuis 30 ans, de s’exprimer sur ce projet inédit. Ce qui la touche, c’est le nouveau regard sur le festival que permet la surélévation de la passerelle, une manière de redécouvrir l’esthétique de La Cour et de ce qui va au-delà. « En gravissant les passerelles, j’ai l’impression de monter le Petit-Chêne ! » explique-t-elle. Des données stockées ? Un festivalier s’enquiert de savoir si elles seront accessibles à tous et surtout, compréhensibles ou s’il faut une formation spécifique. Patrick le rassure en précisant que l’ensemble des enregistrements sont disponibles de manière ludique sur le site du projet et qu’il ne s’agira pas de les exploiter à des fins commerciales pour l’année prochaine ! Et Michael de relever que l’an dernier, c’était le collectif Abc qui avait proposé de créer de faux vestiges du festival de la Cité tel qu’il aurait pu se présenter il y a 500 ans. Une heureuse et fortuite coïncidence entre passé, présent et futur.
Venez donner votre avis, poser vos questions aux artistes et prendre l’apéro en participant au 17 :30 !
