On vous dit tout: H -20

Tous les festivals de l’été y sont passés et ça y est, c’est notre tour. Après une année de long travail à la programmation, il est temps de dévoiler tous ces trésors d’art qui vont se produire au coeur de la Cité lors de la conférence de presse. Il y a plusieurs semaines, je découvrais cette programmation avec un peu d’appréhension, je l’avoue…. « Mais comment je vais faire????? Y a que des inconnus du grand public…. »  Voilà que je me plonge dans tous ces noms via youtube, myspace etc… et là, les coups de coeur, coups de foudre fusent! Pourquoi tous ces gens ne sont pas connus? C’est fou! Ma motivation de les faire connaître grâce aux médias romands est à bloc.

Plus je découvre, plus ma motivation grandit. Et surtout, je trépigne d’impatience de pouvoir partager toutes ces découvertes. Pour calmer mes ardeurs, je poste de temps en temps une vidéo sur facebook. Je tourne mes mains 7 fois dans mes poches avant de mettre des commentaires pour ne pas dévoiler l’indévoilable. Des articles sur certains artistes apparaissent tout en dévoilant leur présence au Festival. Ravie que je suis.

Vivement demain que toute la programmation soit mise sous la lumière des projecteurs, ou plutôt de la plume des journalistes!

 

Désarmant

Il n’y a pas que les médias qu’il faut convaincre. Les politiques aussi.

Belles paroles et passions à transmettre.
Images inspirantes et photos documentatrices.
Chiffres éloquents et graphiques pertinents.

Alors, une réception officielle avec tout le gratin politique d’ici, c’est un cadeau pour parler d’une voix à beaucoup d’oreilles, qui sait, peut-être même attentives.
L’occasion enfin de dire de vive voix ce qu’ils ont pu lire dans la presse : ambition artistique, fragilité structurelle, tout ça, tout ça…

Vient alors la question désarmante : « Mais les artistes, vous les payez ? »
Mes bras gisent encore au sol. Ils peinent à se relever.

On aime les trésors!

On découvre de véritables trésors à la Cité et on se dit que le paysage culturel actuel est fort surprenant.

La nouvelle scène du Château a accueilli à gradins ouverts un public enthousiaste et des artistes plutôt surprenants. Que ce soit, la fanfare burlesque Imperial Kikiristan ou les new-yorkais de Phenomenal Handclap Band, c’est sans aucun doute Leo Bassi qui a le plus secoué les festivaliers en terminant son spectacle à moitié nu, recouvert de 4 kg de miel et emplumé.

Les Espoirs de Coronthie et Adelante Sextet ont mis le feu à la scène de la Fabrique ! Un public dansant aux rythmes des calebasses, une belle ambiance, tout ce qu’on aime au Festival de la Cité.  La compagnie Dynamo s’est approprié les murs de la Cathédrale et nous a offert de magnifiques performances!

Autre coup de cœur, Josa Peit et sa voix jazzy-électro ont su charmer la place St-Maur. Quant au Cité Comedy Club, c’est un véritable succès. La relève de l’humour en Suisse est assurée! Notamment celle de Jean-Luc Barbezat qui va pouvoir se lancer dans une nouvelle carrière, celle de DJ.

Enfin voilà, on prend le rythme de cette 39ème édition et on se prépare pour un week-end de belles découvertes!

Manipulation ?!

Après avoir pointé sa bouille d’érudit foldingue d’une fenêtre du vénérable Château, l’incontrôlable Italien Léo Bassi descend dans l’arène. Il y distille quelques salves fort bien lancées contre le capitalisme, puis perd un peu en fraîcheur devant un public sans doute pas assez captif (au sens premier du terme) pour rester attentif à son jeu, avant de partir sur un final puissant qui laissera des traces…
Bassi parle aussi beaucoup et intelligemment de manipulation. Manipulation politique et manipulation d’un artiste qui peut empoigner les émotions de son public.

La manipulation, c’est aussi souvent celle des médias. Rappelez-vous de la cachette de Ben Laden à Tora-Bora, qui est passée en une semaine du building souterrain ultra-moderne à multiples étages sécurisés (infographie à l’appui) à la vulgaire grotte de montagne.
La Cité a beaucoup parlé de son programme artistique cette année. De ses changements, de ses nouvelles scènes, de son envie d’offrir à son public une ambition artistique dans un contexte très populaire. Les médias ont généreusement relayé cette info. La Cité a par contre peu communiqué sur sa convivialité qui lui est pourtant bien chère.
Il n’est ainsi pas surprenant d’entendre dire « le peuple a faim, il n’y a plus assez de stands de nourriture », « on a soif, il n’y a plus assez de bars », « toutes ces performances compliquées… », alors même qu’aucun stand de nourriture n’a été enlevé et que les bars ont juste été centralisés. Alors même que les spectacles d’hier soir ont pour une majorité rencontré un public large, curieux, sympathique comme toujours.
Une preuve que les médias et le bouche-à-oreille qui colporte tant bien que mal quelques bribes d’informations forgent les opinions, les transforment, même quand il n’y a aucune volonté de manipulation.

Au fond, pour comprendre la manipulation avec humour et subtilité, retournons voir la Cie des Décatalogués qui se rit de l’emprise du monde télévisuel sur notre âme et notre conscience. Et si on comprend tout, on aura bien mérité une bonne assiette et un verre bien frais !

À voir cette semaine encore :
Le Spectacle des Instincts de Léo Bassi, mercredi 7 à 21h, Place du Château
TV(i)Monde par la Cie des Décatalogués, mercredi 7 et jeudi 8, déambulation à 18h puis à 20h au départ de La Fabrique