Carton plein pour le quatrième et dernier 17:30 de cette année ! Le soleil de retour, vous avez été nombreux à venir partager la discussion et le verre de l’amitié autour du spectacle déambulatoire de Dahlia Production, Elle et lui.
Lorsqu’après avoir vu la création Elle et lui lors des jeux du Castrum à Yverdon, le metteur en scène David Deppierraz est revenu à la charge avec un hotte pleine de projets dont celui-là, Michel Sauser, programmateur, n’a pas hésité sur son choix. Il a bien fallu toutefois « recréer le spectacle pour qu’il s’insère dans le milieu urbain lausannois », ce qui lui a permis de découvrir la ville « autrement ».
Sur ce point, tous les participants sont d’accord : Pierre Imhof, chef du projet urbaniste Métamorphose et invité culturel de ce rendez-vous, a été particulièrement séduit par cette démarche forte de « la culture qui s’empare de la ville ». Grâce à la bulle suscitée par la mise en scène (la flânerie, le lecteur mp3 sur les oreilles), notre regard sur ces lieux que l’on connaît peu ou mal est totalement modifié. On découvre des passages presque secrets, des escaliers jamais empruntés et on s’y attarde puisque le rythme nous est imposé, une certaine lenteur que Michel qualifie de « rythme naturel ».
D’ailleurs, Lausanne n’est pas une ville aisée pour le guide-échassier ! Et il fallut faire appel à un professionnel, contrairement à Yverdon où un acteur a pu endosser le rôle. Mais cette contrainte, David Deppierraz se l’était imposée d’entrée de jeu puisque le projet, confié à Stefania Pinnelli, devait s’articuler autour de trois critères : 1. La pièce devait s’inscrire dans des lieux publics de la ville ; 2. La fiction devait s’emparer de la réalité dans une continuité dramatique cohérente malgré la multiplicité des lieux ; 3. Le tout devait être le plus léger possible d’un point de vue technique. Stefania a eu carte blanche et l’histoire de ce couple revivant ses plus forts moments s’est imposée à elle, incarnée par des lieux-clés et soutenue par les textes susurrés à nos oreilles entre chaque étape. Techniquement, cela paraît également simple mais il n’en est rien ! Comme nous l’explique David, trois parcours se superposent, chacun avec leur propre rythme: celui du public qui flâne, celui des comédiens qui doivent se changer entre les lieux et celui du régisseur qui court avec les costumes et les accessoires, de manière à vous faire croire que tout cela est naturel, réel, aléatoire.
Quant au drame qui se joue sous nos yeux, retenons la très belle remarque de Pierre Imhof : « J’y ai vu la beauté magnifique des instants ordinaires ». Les « jalons » d’une histoire d’amour (rencontre, mariage, naissance, dispute,…) qu’on est capable de revivre en complétant les ellipses par nos propres souvenirs, notre propre imagination. Comme Sophie, représentante du public pour ce 17:30 et qui partage avec nous son expérience de l’oubli, traversée avec sa grand-maman, un instant fort de son intimité qui lui a permis de s’immerger dans l’histoire de Elle et lui.
Ne manquez pas ce soir les deux représentations!
Départ depuis le stand d’information (Jardin du MUDAC) à 18:00 et à 20:00
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