La Cité va voir ailleurs en mai!

En mai, fais ce qu’il te plaît!

Ca tombe plutôt bien: les tentations sont ce mois encore plus nombreuses que de raison. Le présent agenda subjectif se limitera ainsi à une seule proposition par forme d’expression artistique. Les recalés nous pardonneront: ce n’est point une question de mérite, mais uniquement de chance, comme aiment à le rappeler les Conseillers d’Etat neuchâtelois sortants. Qui sait, peut-être que ces derniers fêteront le travail en ce 1er mai, avec une arrière-pensée un peu amère. Ou peut-être iront-ils manifester à Zurich, car en Suisse, quand on veut manifester, on doit demander une autorisation, annoncer le parcours, le nombre de personnes attendues et si tout va bien on a même congé pour ça.

Les premiers événements festivaliers pointent le bout de leurs têtes d’affiche. Rayon déviances sonores et acidités à 6 cordes, le Bad Bonn Kilbi déroule à nouveau un menu fastueux mais déjà sold-out avec la grandiloquence pop des Flaming Lips, la folie scénique de Dan Deacon ou encore le kraut lancinant de Camera (vus à La Cité en 2012). Rayon refrains sonores et mélodies à 6 cordes, Festi’Neuch propose un menu bien équilibré entre grosses productions électro à la Boys Noize, excellent rock du cru comme The Animen et nouvelle hype tel Fauve (l’autre, pas le Suisse). Enfin, rayon performances sonores et raclette à 6 cordes, le corbeau croasse pour annoncer l’arrivée du merveilleux Corbak Festival. La surprise est peut-être à chercher en marge des scènes qui accueilleront la charmante Maïa Vidal (vue à La Cité en 2012) et les toujours plus explosifs Kadebostany (vus à La Cité en 2010); nous n’en dirons pas davantage.

Plus classique, le Quatuor Sine Nomine fête toujours ses 30 ans. Du 9 au 20 mai, à Glion et Lausanne, c’est le Festival Sine Nomine qui vous comblera si vous aimez Brahms. Du Trio Wanderer à l’EVL, du pianiste Peter Roesel au corniste Bruno Schneider, ce sera dense, ce sera beau. Moins classique, la biennale chaux-de-fonnière de musique contemporaine Les Amplitudes met cette année à l’honneur Eric Gaudibert, dans un dédale artistique étonnant d’inventivité.

La littérature se fait belle, s’expose et se met en scène, au Salon du Livre genevois. Entre les séances de dédicaces, les stands et Grand Corps Malade, citons le programme des tables rondes proposé par les Editions Loisirs et Pédagogie qui aiment à rendre simples et presque amusantes les faces opaques de notre quotidien (leur dernier volet explique les institutions politiques vaudoises par exemple). Si le slogan du Salon du Livre 2013 est Emoustillant!, que dire de l’autre salon qui prendra le relais au niveau du calendrier? L’Erotikmesse à Malley propose cinéma, performances, mais sans doute que le public viendra davantage pour le shopping, éventuellement pour les aspects didactiques.

Si vous aimez goûter aux mouvements en bande, ateliers, flashmob et Gangnam Party s’enchaînent lors de la traditionnelle Fête de la danse partout en Suisse. Les plus flemmards ne seront pas les moins bien servis, vu qu’ils auront l’occasion de (re)découvrir les spectacles de Nicole Seiler, YoungSoon Cho Jaquet ou encore Sidi Larbi Cherkaoui. La danse contemporaine, cela va souvent bien au-delà du mouvement. Parmi les créations intéressantes de ces derniers 12 mois, plongez-vous dans le travail de Martin Schick qui marie danse, théâtre et réflexion post-capitaliste dans son Not my piece, à revoir à l’Arsenic les 2 et 3.

Les saisons théâtrales touchent gentiment à leur fin. Evénement à Paris, la Comédie Française propose une toute première incursion de la littérature arabe dans son répertoire. Rituel pour une métamorphose de l’auteur syrien Saadallah Wannous raconte le rapport au pouvoir et l’émancipation féminine, dans une langue cinglante et subversive. A voir dès le 18. Ou avant si vous êtes à Marseille. Moins tendancieux même s’il le souhaiterait bien, l’impayable Pierre Kohler avait fait venir des miss chinoises en terres jurassiennes pour polir les dorures de son blason. Malin comme un politicien, il a réussi à en faire tirer un film, Win win, somme toute finalement quand même plus ou moins sympathique au fond.

Le vrai cinéma, ce sera à Cannes que ça se passera. La sélection officielle donne comme toujours le tournis, avec les nouvelles perles des frères Coen, de Soderbergh, de Kechiche ou de Jarmush. Mais tout le monde parlera de la venue de Nabilla. Car plus d’un média respectable joue sa survie entre les extensions PIP de Madame. Les jeunets de One Direction s’en cognent le fessier sur la scène du Hallenstadion. Ils sont eux aussi bankables, avec leur look à la NKOTBSB en plus jeune, leurs mélodies à la 2B3 en plus topofthepops et leur sourire à la Bros en plus sincère.

Au mois de mai, c’est aussi la finale de la Champions League qui impose quelques heures supp aux superstars du foot. Le tirage des demi-finales était truqué pour garantir un Clásico en point d’orgue. Mal en a pris aux stratèges qui ont oublié que « le football est un sport simple: 22 hommes poursuivent un ballon pendant 90 minutes et à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent ». Ce sont donc le Bayern et le Borussia qui espèrent lever la coupe, sous les cotillons et aux sons de l’hymne de Tony Britten, sans aucun doute le compositeur classique le moins connu parmi ceux que l’on écoute souvent.

Finale par çi, Ligue des Champions par là, nous savons que le vrai duel classicôt, c’est celui entre le LS et le SFC. A déguster à la Pontaise le 29 mai. Et en coulisses, pour savoir qui obtiendra la licence en premier. Courage.

Un Prélude en ville, pourquoi?

Nouveauté 2013, La Cité vous offre un Prélude en ville. Une semaine, 5 propositions artistiques exceptionnelles, dans leur forme comme dans la qualité des artistes.

Ainsi, du 3 au 8 juillet, se relayeront l’inventivité des 3 Points de Suspension, l’impact ludique du RedBall de Kurt Perschke, le cirque tout en suspension de Yoann Bourgeois, les vols urbains sans filet des 8 acrobates du Galizian Urban Project, ainsi qu’un instant de poésie musicale au lever du soleil et au bord de l’eau, avec les Américains Dead Western. Un bonheur.

Le Festival de la Cité Lausanne défend depuis plusieurs années une interaction et un dialogue entre la culture et l’espace urbain. Les projets du Jardin du Cèdre, de La Cour et de l’Académie, parmi d’autres, sont autant d’intentions qui imposent et permettent aux artistes de se confronter à un contexte scénique particulier, à inventer un nouveau rapport entre leur expression et leur public. Nous croyons en ces formes hybrides qui permettent au public de redécouvrir l’espace public différemment, de rafraîchir l’œil que nous posons sur la création artistique.

Les spectacles que nous avons programmés dans le cadre de ce Prélude en ville ne pouvaient être proposés dans le quartier de la Cité. Ils prennent tout leur sens dans un contexte scénique spécifique, en l’occurrence en des lieux particuliers de la ville de Lausanne. Ce sont autant de coups de cœur de l’équipe de programmation et d’invitations originales à prendre le pouls de la douce folie qui habite toutes les personnes qui oeuvrent pour le Festival. Qu’importe de savoir si ce Prélude en ville s’inscrira dans la durée ou non: profitons de l’instant présent et de ces 5 propositions insolites. Lorsque ces spectacles auront lieu, La Cité sera en plein montage. Nous serons sur plusieurs fronts en même temps, avec enthousiasme et passion, pour vous.

N’oublions pas non plus que ce Prélude en ville a pu être concrétisé grâce à un certain nombre de soutiens extraordinaires. Le Prélude en ville est présenté en collaboration avec Lausanne Estivale. La venue exceptionnelle et en première suisse du RedBall de Kurt Perschke n’aurait pu se faire sans le partenariat avec les Services Industriels de Lausanne. Le spectaculaire Urban Circus du Galizian Urban Project bénéficie du soutien de Pomp It Up. Nié qui tamola des 3 Points de Suspension est présenté dans la Cour de l’Arsenic, avec le soutien du Centre d’art scénique contemporain qui vient d’intégrer ses nouveaux locaux. Le vertige irréel de Yoann Bourgeois est proposé au Parc de l’Hermitage, avec le soutien du Théâtre Vidy-Lausanne. Enfin, la Loterie Romande a soutenu ce Prélude en ville. Merci à eux!

La Cité va voir ailleurs en avril!

En avril, ne te découvre pas d’un fil!

Il ne croyait pas si bien dire, l’inventeur anonyme des dictons populaires. Parce que là, comme ça, aujourd’hui, on n’envie pas les événements plein-air qui ne sont plus très loin à pointer le bout de leur programme. Par exemple, la toujours étonnante ZAT à Montpellier (les 13 et 14). Cette zone artistique temporaire donne à voir de généreuses expérimentations, souvent en interaction avec l’espace public et la population. La Cité y était en novembre dernier et en a ramené deux propositions pour cet été. Lesquelles? Dénichez les noms des 2 spectacles dissimulés dans le texte de cet agenda ou attendez fin mai.

Le Cully Jazz aussi se profile et scrute le ciel avec appréhension. Cela n’empêchera personne de mettre du soleil dans son âme avec les cordes de Barbouze de chez Fior (vu à La Cité en 2011), avec le pianiste Jacky Terrasson ou avec le duo Kouyaté-Neerman (vu à la Cité en 2012). Le reste est tout aussi bien. Et le off n’est pas en reste, avec l’excellent violoniste Tobias Preisig en version recherche ou avec Pierre Omer en résidence au tHBBC.

L’autre événement plein-air du mois, ce sont les 20 km de Lausanne (le 27), sympathique cavale ponctuée de pentes hostiles. Le vainqueur, on s’en cogne le talon sur le bitume. Notre gagnant à nous sera à tous les virages Stéphane, notre fer de lance technique aux foulées de gazelle.

Avril le doux, quand il se fâche, le pire que tout!

Il n’y aura pas que de l’amour ce mois. La Section Lopez vous propose un regard acidulé sur notre terre et ses ressources dans Brutale nature, à voir en création au 2.21 (allez-y le 17, le 18 ou le 20, vous pourrez y voir le même soir les destins croisés de 4 personnages atypiques dans Poupoupidou de la Divine Company). Dans la rue des dames agitées, ne manquez pas le Lydia Lunch’s Putan Club au Bad Bonn (le 19), de la légende écorchée chère à la grosse pomme.

Au rayon des confrontations directes, le LHC joue sa montée en Ligue A, le fils Bykov tente d’accomplir ce que le père Bykov n’a jamais réussi avec son Gottéron d’adoption et Yvan « en excellente santé physique et psychique » Perrin vise à creuser un sillon définitif dans sa grande partie de politique agro-policière.

Au mois d’avril, la chèvre rit.

Arnaud Tsamère vient attester de la santé des humoristes « qui auraient aussi (peut-être) percé sans le coup de pouce de l’éclat de rire (peut-être) spontané de Ruquier » à Beausobre le 28. GiedRé (vue à La Cité en 2011) vient raconter ses petites horreurs entre amis, toujours avec cette délicieuse désinvolture, au Lido les 12 et 13. A l’étage des stars, le fantastique Eddie Izzard nous rappelle que l’art du stand-up est vieux comme le monde chez les British (à voir à l’Arena genevois les 25 et 26). Pour ce qui est de l’humour participatif, mettez votre collant vert pomme et courez découvrir le Choréoké: c’est un peu bête, drôle si on s’oublie et c’est au Romandie le 12. Le lendemain, le Waterslide de Veysonnaz devrait également atteindre quelques sommets du ridicule.

Plus théâtral, un bon Feydeau aura même la peau des adeptes du botox: par exemple Le dindon dans une mise en scène de Philippe Adrien au Théâtre de Vevey le 17. Le talentueux Christian Geffroy Schlittler reste lui dans le courant contemporain qui « ose l’écriture collective, empirique et improvisée pour retrouver l’essence du jeu mais ça ne marche pas toujours » avec Pas de porte, une création du Collectif Comédie Drôle pour ce qui se veut une comédie drôle (à l’Arsenic dès le 9).

Au moment où commence avril, l’esprit doit se montrer subtil.

De la subtilité, la Cie Pasquier-Rossier en a les poches pleines. Leur nouvelle création raconte l’implosion d’une amicale villageoise en marge de la disparition d’une ado: c’est Le ravissement d’Adèle qui est à voir en création à Nuithonie dès le 17. L’un des plus beaux spectacles en tournée, Swan du chorégraphe Luc Petton brouille les frontières entre l’humain et l’animal, à voir à Equilibre le 23 et au Crochetan le 26. L’Opéra de Lausanne donne à voir L’aiglon dès le 21, un drame musical avec Carine Séchaye dans le rôle titre. C’est elle qui chantait dans le flash opéra que La Cité a monté en 2011.

Avril entrant comme un agneau, s’en retourne comme un taureau.

La fin de cet agenda sera musicale, avec les fortes têtes et les douces plumes du mois, qui mordent plus qu’elles n’en ont l’air. Le Bourg révèle deux belles signatures du pays, l’aérienne Billie Bird le 4 et la beauté foutraque de Zigitros le 18. Le 10, le bon et bondissant Aldebert (vu à La Cité en 2010) vient en catimini détendre les zygomatiques des jeunes à La Datcha qui réouvre ce mois. Spoek Mathambo et Oy (vus tous 2 à La Cité en 2012) viennent faire les beaux jours du Queen’s Festival à la Case à chocs le 27. Le féroce Publicist (vu à La Cité en 2011) vient dans les bagages des excellents Maserati pour une soirée Romandie, mais au 2.21. Toujours sous la voûte du club rock lausannois, le Canadien Mac DeMarco vous invite à sonder son brillant dédale pop le 27.

Un peu plus loin de chez nous, Zurich fait un carton plein sur avril avec les venues par ordre d’apparition de Dragonette, Palma Violets, John Grant, Rachel Sermanni, The Walkmen et The Knife. Si ce n’est pas une invitation à monter au moins une fois à Downtown Switzerland… Et à la TV, il se dit que la compagnie de Pierre Rigal proposera son spectacle Micro en… album de la semaine au Grand Journal de Canal Plus; une première incursion de la chorégraphie dans le monde du live.

Une petite pensée enfin pour ce grand comédien qu’est Maestro Berlusconi. Comme tous les grands artistes, il a goûté aux dérives voluptueuses de la célébrité. Sur le déclin, il en serait arrivé à engager quelques copines pour faire la claque. La farce a trop duré. Ou peut-être pas: on le regretterait vite. Ciao bello ciao.

ps. Quatre artistes qui sont ici évoqués devraient aussi être de la partie à La Cité cet été. A vos pronostics.

Appel au staff!

Le Festival de la Cité Lausanne fonctionne grâce au dévouement de son précieux staff.

Nous avons le privilège de voir venir chaque année plus de 400 staffs motivés à participer à la réalisation de ce rendez-vous artistique lausannois.
Notre staff travaille dans différents secteurs mis en place pour le bon déroulement de la manifestation. Une partie du staff est défrayée, l’autre est composée de bénévoles qui offrent généreusement leur temps au festival, ce qui permet de faire de belles rencontres et de nombreuses découvertes culturelles !

Nous vous rappelons que les postes salariés sont en nombre limité, et nous tâchons de privilégier au maximum la fidélité de notre staff. De plus, le staff rémunéré doit être présent sur toute la durée du festival.

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