Désarmant

Il n’y a pas que les médias qu’il faut convaincre. Les politiques aussi.

Belles paroles et passions à transmettre.
Images inspirantes et photos documentatrices.
Chiffres éloquents et graphiques pertinents.

Alors, une réception officielle avec tout le gratin politique d’ici, c’est un cadeau pour parler d’une voix à beaucoup d’oreilles, qui sait, peut-être même attentives.
L’occasion enfin de dire de vive voix ce qu’ils ont pu lire dans la presse : ambition artistique, fragilité structurelle, tout ça, tout ça…

Vient alors la question désarmante : « Mais les artistes, vous les payez ? »
Mes bras gisent encore au sol. Ils peinent à se relever.

On aime les trésors!

On découvre de véritables trésors à la Cité et on se dit que le paysage culturel actuel est fort surprenant.

La nouvelle scène du Château a accueilli à gradins ouverts un public enthousiaste et des artistes plutôt surprenants. Que ce soit, la fanfare burlesque Imperial Kikiristan ou les new-yorkais de Phenomenal Handclap Band, c’est sans aucun doute Leo Bassi qui a le plus secoué les festivaliers en terminant son spectacle à moitié nu, recouvert de 4 kg de miel et emplumé.

Les Espoirs de Coronthie et Adelante Sextet ont mis le feu à la scène de la Fabrique ! Un public dansant aux rythmes des calebasses, une belle ambiance, tout ce qu’on aime au Festival de la Cité.  La compagnie Dynamo s’est approprié les murs de la Cathédrale et nous a offert de magnifiques performances!

Autre coup de cœur, Josa Peit et sa voix jazzy-électro ont su charmer la place St-Maur. Quant au Cité Comedy Club, c’est un véritable succès. La relève de l’humour en Suisse est assurée! Notamment celle de Jean-Luc Barbezat qui va pouvoir se lancer dans une nouvelle carrière, celle de DJ.

Enfin voilà, on prend le rythme de cette 39ème édition et on se prépare pour un week-end de belles découvertes!

Madame, vous êtes…

Le public de La Cité est fantastique. Il est attentif. Il participe.
Et quand il est en forme, épris d’enthousiasme, il est prêt à informer toute la population des spectacles en cours.

Les Sélénites proposent une création particulière, vivace. Les mots s’entrechoquent avec des notes mélodiques, frappées, slappées. Et pas n’importe quels mots : ceux glânés au détour du… bottin de téléphone lausannois.
On y redécouvre donc des ambiances et des odeurs, des cafés de légende et des adresses qui ont bercé notre enfance. Mais pas seulement. Le bottin, on le sait bien, regorge aussi de nos prénoms et de nos noms à nous. Avec nos adresses et même nos numéros de téléphone. Fichés sommairement en somme, et de notre plein gré.

Jeudi soir vers 1h07 du matin, Pascal Francfort se lance dans une glorification du prénom féminin. Jessica, Annabelle, Rachel, toutes les beautés de la région défilent, anonymes, un peu. Jusqu’à ce que la mention d’Aline se voit complétée par son nom. Puis par son adresse à la Borde. Enfin, par son numéro de téléphone.

Alors là, le voisin de derrière ne peut pas s’empêcher : pris par l’émotion, il empoigne son téléphone portable, attend que ça décroche et dit : « Madaame, vous êêtes dans un spectaacle ».
Sans la présence d’esprit de ce bon monsieur, Aline ne l’aurait peut-être jamais su, quitte à être réveillée pour ça.

À voir cette semaine encore :
In town in URBS PANORAMICA par Les Sélénites, Place St-Maur, vendredi 9 à 20h, puis samedi 10 à 18h15

Mais où est donc…

Les rois du show business romand étalent leurs méthodes de management : bénévolat or not bénévolat ? that is the question.
Une concurrence vive est une concurrence saine, disait l’autre. Qui ça ?
Une seule chose est certaine. Si un commercial se mettait à organiser des mondials de foot sans bénévoles, la FIFA aurait du souci à se faire quant à sa crédibilité dans les médias, en parlant de brassage de gros sous sur le dos de bonnes âmes stimulées et motivées.

Bref, qu’importe. Ce qui nous intéresse, c’est une analyse fine de la motivation des bénévoles.
Hier, premier soir du Festival, une petite équipe de deux s’apprête à gérer l’accueil des deux bands programmés sur l’une des scènes nichées dans la Cité. La responsable accompagne l’un des deux groupes à son hôtel et revient. Misère ! Mais où est donc passé le bénévole qui devait s’occuper de l’autre groupe ?? Plus là. Volatilisé. Sans laisser d’adresse. Pas un mot, ni gentil, ni méchant.

Inutile de vous décrire ce qui se passe dans la tête de toutes les personnes qui sont rapidement au courant de l’Affaire :
Les bénévoles, on ne pas compter dessus. Ils ne sont pas vraiment engagés, on ne peut pas vraiment les engueuler quand ils font faux. La preuve : Notre jeune homme en question a lâchement profité d’une absence de sa responsable pour prendre la poudre d’escampette. Mais personne ne sait vraiment.
Etait-il au mauvais endroit ? A-t-il subitement réalisé qu’il allait devoir subir des musiques indépendantes toute une semaine, lui, fan de bandonéon ? Joue-t-il à cache-cache, aujourd’hui encore caché dans une boîte à chaussures ? A-t-il été kidnappé ? Avait-il oublié son vol pour l’Afrique du Sud, alors que son natel était déchargé et son stylo tout sec ? Est-il tombé d’accord avec Drieberg ? Ou a-t-il été débauché pour mieux bénévoler ailleurs ?

Fini les médisances. Les bénévoles sont des personnes motivées qui s’engagent pour la communauté. Sans eux, franchement, le système social et la réalité culturelle d’ici auraient une autre allure. À ce titre, les 30% de bénévoles de La Cité sont dévoués, sympa, entreprenants, bref, tout bien !

Mais où est donc ce fameux bénévole, me direz-vous… Et bien la réponse tient en un mot et en quelques chiffres :
Marlon (pas celui du tramway nommé désir), 2.9 kgs, 42 cms.
Bien plus important qu’un concert. La vie est formidable.

Tous nos voeux de bonheur !!

Manipulation ?!

Après avoir pointé sa bouille d’érudit foldingue d’une fenêtre du vénérable Château, l’incontrôlable Italien Léo Bassi descend dans l’arène. Il y distille quelques salves fort bien lancées contre le capitalisme, puis perd un peu en fraîcheur devant un public sans doute pas assez captif (au sens premier du terme) pour rester attentif à son jeu, avant de partir sur un final puissant qui laissera des traces…
Bassi parle aussi beaucoup et intelligemment de manipulation. Manipulation politique et manipulation d’un artiste qui peut empoigner les émotions de son public.

La manipulation, c’est aussi souvent celle des médias. Rappelez-vous de la cachette de Ben Laden à Tora-Bora, qui est passée en une semaine du building souterrain ultra-moderne à multiples étages sécurisés (infographie à l’appui) à la vulgaire grotte de montagne.
La Cité a beaucoup parlé de son programme artistique cette année. De ses changements, de ses nouvelles scènes, de son envie d’offrir à son public une ambition artistique dans un contexte très populaire. Les médias ont généreusement relayé cette info. La Cité a par contre peu communiqué sur sa convivialité qui lui est pourtant bien chère.
Il n’est ainsi pas surprenant d’entendre dire « le peuple a faim, il n’y a plus assez de stands de nourriture », « on a soif, il n’y a plus assez de bars », « toutes ces performances compliquées… », alors même qu’aucun stand de nourriture n’a été enlevé et que les bars ont juste été centralisés. Alors même que les spectacles d’hier soir ont pour une majorité rencontré un public large, curieux, sympathique comme toujours.
Une preuve que les médias et le bouche-à-oreille qui colporte tant bien que mal quelques bribes d’informations forgent les opinions, les transforment, même quand il n’y a aucune volonté de manipulation.

Au fond, pour comprendre la manipulation avec humour et subtilité, retournons voir la Cie des Décatalogués qui se rit de l’emprise du monde télévisuel sur notre âme et notre conscience. Et si on comprend tout, on aura bien mérité une bonne assiette et un verre bien frais !

À voir cette semaine encore :
Le Spectacle des Instincts de Léo Bassi, mercredi 7 à 21h, Place du Château
TV(i)Monde par la Cie des Décatalogués, mercredi 7 et jeudi 8, déambulation à 18h puis à 20h au départ de La Fabrique

La plus belle des victoires

Organiser un Festival n’est déjà pas une mince affaire. Obtenir une couverture rédactionnelle dans les médias écrits en est une toute autre.
Il faut convaincre, séduire, interpeler, nuancer et même de temps en temps se défendre ou expliquer qui on est. Il faut en quelques mots prouver que notre programmation vaut le détour, qu’un article sur notre Festival est d’intérêt pour le lectorat.
Bref, chaque article est une victoire !

Alors quand un journal d’envergure nationale prend contact, c’est un cadeau ! Et pas n’importe lequel, le géant orange, celui-là même que les Anglais nous envient, le divertissement privilégié pour accompagner votre jus corsé du Matin. L’avantage indéniable avec le premier journal romand, c’est qu’il y a du texte, mais aussi de grandes photos pour accrocher l’oeil. Incontournable. Une consécration.
Diantre !
Auraient-ils donc flashé sur l’excentricité explosive du trublion italien Leo Bassi ? 
« Ils ont tout compris ! » affirmerait sans détour notre attachée de presse Emilie.
Un artiste programmé se serait-il blessé ridiculement en tombant de son hors-bord ?
« Sale coup, mais au moins on parle d’artistique. »
La nouvelle présidente du Swatch Group aurait-elle affirmé avoir rencontré son futur mari au Festival ?
« Cela reste un coup de pouce pour notre notoriété… »

L’excitation est donc à son comble avant que le journaliste ne révèle l’objet de son désir. C’est maintenant ou jamais. Le Festival de la Cité goes global :
« Bonjour. Zurich se prépare à affronter des torrents d’urine lors de son Züri Faescht : trop de gens font pipi sur les murs de la ville. Avez-vous des problèmes d’urinade sauvage ? »

Qui disait que les plus petites des victoires sont souvent les plus belles ?

Cité Comedy Club, présenté par Fred Recrosio

A force de dire que la relève de François Silvant et Patrick Lapp n’arrivait pas, on finissait par y croire. Même si, depuis, on a vu passer quelques joyeux et bons rigolos (même Cuche et moi, on a essayé).
Mais là, non seulement on tient des nouvelles têtes et des belles, mais surtout voilà une nouvelle forme d’humour dans notre pays. Ils n’ont pas toujours le sens de la scène en terme de théâtre, mais ils ont tous le sens de la répartie et ce foutu culot qui fait d’eux des mecs et des nanas souffleurs d’un vent nouveau. C’est ce gros bœuf de Recrosio, plus jeune et plus vigilant que moi, qui un soir à Payerne (…) se vanta d’avoir rencontré les Jamel suisses. Il me parla avec ses mots, qui sont plus chics que les miens, de Samir le Bosniaque et de ses petits copains. J’ai foncé avec mon vélomoteur jusqu’à Fribourg pour aller les voir et je suis rentré en courant avec une envie dans mon sac: présenter cette affaire à la Cité avec Recrosio comme chef des déconneurs.
Du coup, mes petits amis qui font des jolis spectacle en Suisse romande ne resteront pas à la maison et viendront, chacun à leur tour, nous faire une petite visite sur la scène du Cité Comedy Club (dans le désordre et sous réserve de modification, voilà la liste non exhaustive: Yann Lambiel, Sandrine Viglino, Karim Schlama, Les Peutch…), c’est pas trop moche comme perspectives humoristiques estivales.

Jean-Luc Barbezat

On recherche encore quelques bénévoles!

Nous recherchons encore quelques bénévoles pour compléter nos équipes accueil artistes-vip et aussi pour la consigne des gobelets. Parce que oui, cette année, le Festival de la Cité se met aux gobelets consignés!!!! Un concept que tout le monde apprécie mais qui demande du staff :) alors on compte sur vous!

Vous avez envie d’offrir de votre temps et de votre énergie pour le royaume du Chevalier Blanc? Alors n’hésitez pas à prendre contact avec Dame Fanny via le formulaire.

Au plaisir de vous rencontrer à l’espace staff!

Casiokids

De l’électro pop tapageuse et humaniste.

Ce groupe qui nous vient de Norvège va venir nous faire danser grâce à son sens de la mélodie et ses afro-beat. Ils chantent en norvégien  et nous emmènent dans un véritable voyage auditif. Je vous garantis un pur moment d’électro-pop! Impossible de rester de marbre devant tant de rythmes qui nous mettent de bonne humeur.

Mais Casiokids ce n’est pas seulement du son, c’est aussi des images. Leurs clips sont tous plus surprenants les uns que les autres.

Mon coup de coeur va à Fot i Hose.

Réservez votre soirée du 9 juillet et hop à la Place du Château, sur notre toute nouvelle scène!

J-7, tout s’installe petit à petit

Nous y voilà presque… plus que une semaine avant le lancement de cette 39ème édition!

Si vous vous baladez au coeur du quartier de la Cité, vous croiserez l’équipe technique qui monte toute l’infrastructure pour pouvoir vous accueillir dans les meilleures conditions possibles. Et quelle équipe! Je suis toujours impressionnée par le travail abattu par eux et, cela mérite d’être souligné, ils gardent toujours le sourire!!!! Il fait beau, on peut même dire qu’il fait chaud et on pourrait penser que monter des gradins, des scènes, tirer des câbles électriques, porter, soulever sous un soleil de plomb soient une corvée?? Eh bien non, pas pour eux! Ces techniciens du spectacle débarquent au bureau suants, sales et transpirants mais avec toujours un sourire et un grand bonjour. Je vous le disais: quelle équipe! Le Chevalier Blanc a bien choisi ses sujets de technique! Allez, demain je vous les mettrais en photo pour que vous puissiez les saluer si vous les croiser.

Alors voilà, les installations se montent et la pression monte tout de même un peu. Mais quelle déception de découvrir les premiers passages de vandalisme sur les installations…eh oui, les tourelles de signalétique à peine posées que le lendemain elles sont taguées.

Enfin, ce n’est pas ça qui va nous démoraliser ni pour aujourd’hui ni pour demain! Je dirais même plus, vive la suite!